J'm'éclate. Littéralement. Je m'éclate les neurones à coups d'hypothèse, à coups d'idées géniales (pas dans le sens qui tient du génie, mais qui me procure un sentiment d'euphorie intense dés qu'elles traversent ma petite tête), à coups de sons dans tous les sens. Les gens trouvent le Jazz reposant. Moi je le trouve détonnant. Je ne l'ai jamais considéré comme une "musique d'ambiance". C'est insultant d'être traité de "musique d'ambiance" non ? Imaginez qu'on vous dise que vous êtes fait "pour l'ambiance"... Personnellement je me vexerais... Bref, pour moi le Jazz c'est du nucléaire, de l'explosif, un mélange titanesque de rythmes alambiqués et d'harmonies somptueuses... Sans parlé des instruments, que de noblesse, de prestige et de talent, quels sons remarquable, quelle finesse dans les nuances, dans les associations. Un compositeur de Jazz se doit à la fois d'être un peintre, un sculpteur, un metteur en scène, un musicien et un compositeur de bouquets de roses, c'est à dire un artiste complet. Je ferme ici la parenthèse sur le Jazz. Mon éclatement donne régulièrement plusieurs particules. Il y en a qui appartiennent à ma matières grise, ce sont les plus négligeables. On trouve ensuite les particules physiques, qui constituent ma capacité à courir, sauter, m'amuser, grimper aux arbres, embrasser, voler, atterrir et grandir. Puis, mes particules spirituelles, les plus légères, qui ont le pouvoir de me faire penser, réfléchir, apprécier, comprendre la vie, sourire et rire ou pleurer. Mais les plus importantes, les plus grosses, sont celles qui font que mon esprit humain se développe et survit, malgré les agressions de toutes les autres particules. Celles ci ressemblent à de drôles de papillons qu'on appelle les sentiments. Etymologiquement originaires de la forme verbale "sentir", ces sentiments font l'objet de grande tergiversions de la part de mon subconscient, représenté par mes particules invisibles qui s'appellent rêves. Mais revenons aux sentiments. Ces insectes étranges consomment ce que je vois, ce que je sens, ce que j'entends et ce que je goûte, pour les transformer en émotions plus ou moins importantes. Par exemple, à la simple vue d'un être cher à la sortie du métro 12 à la porte de la chapelle, mes particules s'agitent et avalent tout ce qu'elles peuvent de cette image pour retranscrire un signal qui accélère les battements cardiaques et que le commun des mortels appelle sans scrupule et bêtement Amour. Or, mon corps d'humaine ne peut se contenter d'Amour, c'est pourquoi je qualifierais plutôt ce signal complexe de Passion, Jouissance, Ravissement, Désir etc... Et bien sûr aussi d'Amour, puisque cette impression de satisfaction hébétée bien connue se nomme ainsi. Telle est ma vision de ma métaphysique interne.